Voudriez-vous diffuser votre chirurgie en direct ?

Diffuser votre chirurgie pour la glande thyroïde directement sur internet ? C’est possible et cela a eu lieu cette semaine via Google Hangouts.

Ce n’est pas la première fois qu’on se retrouve avec des appareils grand public utilisés dans le milieu médical. On n’a qu’à penser au iPad, iPhone, BlackBerry, etc. Les médecins installent souvent des petits logiciels pour faciliter leurs tâches sur leurs appareils sans avoir l’approbation des hôpitaux. Cette fois-ci, une patiente a demandé à pouvoir retransmettre sa chirurgie en direct. Pourquoi ? L’article en question ne le spécifie pas. Par contre, avec la popularité des médias sociaux où l’on partage de plus en plus d’informations avec les gens, cela semble être un pas logique à franchir.

Les chirurgies en direct existent déjà depuis quelque temps, mais principalement pour des fins éducatives ou de collaboration entre les médecins. Dans ce cas, des spécialistes situés à divers endroits dans le monde peuvent offrir des conseils judicieux au besoin au chirurgien en place avec le patient. Ces vidéos peuvent aussi être utilisés pour former les étudiants en médecine.

L’objectif dans ce cas-ci semble être tout autre et s’inscrit dans le mouvement de “patient centric medicine” ou “médecine orienté patient”. En diffusant ces vidéos, on vulgarise la médecine pour le public ce qui peut aider les gens à mieux la comprendre. Le futur patient peut alors savoir à quoi s’attendre et donc, être plus en confiance face à sa propre intervention.

Est-ce que vous allez diffuser votre prochaine intervention chirurgicale ? Quels sont les dangers pour vous ou pour le public si ça se passe mal ? Est-ce que la transparence peut se faire sans risque ? Ce sont des questions intéressantes auxquelles il sera intéressant de trouver des réponses à mesure que cette pratique prendra de l’ampleur.

L’article du chirurgien : http://healthtrain.blogspot.ca/2012/05/first-surgery-broadcast-live-on-google.html

Bonne santé !

Hacking Health !

Prenez une part de développeur, une part de designers, ajoutez des professionnels de la santé, quelques mentors et une équipe d’organisateurs très motivés. Laissez mijoter pendant 2 jours et vous avez le HackingHealth qui vient de se passer à Montréal le 24-25 février dernier !

Qu’est-ce que c’est ? C’est un évènement inspiré des hackathons qui sont eux-mêmes inspirés des -thons (marathon, téléthon, etc.) En gros, l’objectif est de mettre ensemble des gens en informatique et en santé et de produire des heureux mariages de talents et d’idées pour répondre à des besoins criants du système de santé.

Vous pouvez voir les idées de projet sur leur site, mais en vrac on retrouvait

  • Un site pour aider les enfants atteints de déficiences à présenter leurs talents “Il faut mettre l’accent sur ce qu’ils peuvent faire et non les définir selon ce qu’ils ne peuvent pas faire” – Jonathan Rivero de Qi Creative
  • Montreal Accessible – Projet pour repérer très facilement les endroits accessibles pour les personnes avec des difficultés particulières. (Rampes d’accès, type de portes, type d’accès, menus en braille, etc. Visitez leur site : http://montrealaccessible.ca/ )
  • Une application pour rapidement évaluer les brûlures sur des patients à l’aide d’une Kinect.
  • Plein d’autres idées merveilleuses !

J’oubliais, notre soumise avec Dan Nagel, Jonathan Cottrell et Antonia Arnaert a remporté le prix de la meilleure solution par ses pairs. Le projet est de faire une application aidant les diabétiques nouvellement diagnostiqués à prendre de bonnes habitudes de vie et à bien suivre leur médication. L’application nommée TameType2 devrait évoluer dans un avenir rapproché !

Merci à tous les organisateurs et les commanditaires qui ont permis l’évolution d’idées et des rencontres fructueuses pour la santé de la population !

 

Le projet du Dossier Santé Québec avance en Estrie

La presse nous informe aujourd’hui que le Dossier Santé Québec (DSQ) va être en place sous peu dans la région de l’Estrie et Lanaudière. C’est une très bonne nouvelle pour tout le monde incluant les acteurs des services de santé et la population en général.

Qu’est-ce que le DSQ ? C’est un dossier patient centralisé pour l’ensemble de la province du Québec qui regroupera dans cette phase-ci de l’information de laboratoire, d’imagerie et de médicaments. L’intérêt pour la population est multiple. Premièrement d’un point de vue fonctionnel, une fois qu’il sera déployé à l’ensemble du Québec, vous pourrez vous faire soigner n’importe où sans que le personnel médical ait besoin de se faire transférer des parties de dossier par fax à partir de votre clinique habituelle. Donc, si vous êtes en voyage, au chalet ou en visite ou encore si vous êtes transféré à un centre de soins spécialisé, votre dossier leur sera aussi accessible.

En gros, cela signifie une économie de temps majeure et une économie de coût. De plus, ça signifie moins de tests passés en double donc moins d’attente et ça aide à réduire les erreurs médicales dues à des mauvais diagnostics par exemple si un médecin vous fais un test X mais n’as pas votre historique et que vous oubliez de mentionner des conditions particulières. Ça peut donc contribuer à vous sauver la vie.

Pour le personnel, l’accès aux données sous forme électronique signifie des informations claires et facilement analysables contrairement à un document papier. De plus, il est plus facile d’avoir l’avis de spécialistes externes étant donné qu’on peut être deux médecins ou plus à consulter les mêmes informations en même temps.

Tout cela permet de sauver des coûts dus à des longues hospitalisations (un collègue a vu son père attendre 2 semaines à l’hôpital en attente de résultats d’un autre centre de soins. Non seulement son hospitalisation a couté beaucoup plus cher qu’elle aurait dû, mais il aurait pu contracter des infections nosocomiales aggravant son état de santé déjà précaire.

Félicitations aux acteurs du DSQ et bon succès dans l’implantation en Estrie !

Pour plus d’informations sur le DSQ : http://www.dossierdesante.gouv.qc.ca/fr_accueil.phtml

La santé, c’est différent ?

Au Québec, les médias nous informent souvent des ratées du système de santé, de comment les coûts sont dépassés dans le projet du dossier de santé du Québec (DSQ). En tant qu’observateur, j’ai souvent aussi eu ce genre de discours. C’est en partie en voyant ce que l’analyse d’affaires fait dans le contexte bancaire et autre que j’ai décidé de m’investir dans le domaine de la santé. La puissance des technologies de l’information dans ce domaine, si elles peuvent apporter une telle puissance dans autant de secteurs d’activités, devrait pouvoir faire des miracles dans le domaine de la santé s’ils y étaient appliqués. J’ai souvent promu cette thèse, j’y crois encore, mais je dois lui apporter un bémol.

Note : les réflexions ci-dessous sont directement inspirées avec permission du blogue de John D. Halamka que je recommande chaudement : http://geekdoctor.blogspot.com/

Pour plusieurs raisons, le secteur de la santé est différent de tous les autres secteurs d’activité.

1.       Le financement est différent : Dans notre système public, le client est rarement celui qui paie directement. Le médecin est donc payé, peu importe la satisfaction du client par le gouvernement. C’est très différent des concessionnaires automobiles qui reçoivent leur argent directement des clients qu’ils doivent séduire et qui vivent dans un libre marché.

2.       La négociation se fait différemment : Les médecins sont payés à l’acte et, dans le système public, le patient à plus ou moins le choix à moins de décider de payer de sa propre poche en clinique privée au Québec ou ailleurs.

3.       Les employés sont embauchés et formés différemment : Les médecins sont plus des travailleurs autonomes que des employés des hôpitaux. Quelle entreprise bâtit des locaux pour qu’ils soient utilisés par d’autres personnes sans vraiment avoir de contrôle sur leur formation, leurs méthodes de travail et leur rémunération ? Si un hôpital a besoin d’un chirurgien X, il en engage un et c’est lui qui gère sa manière de fonctionner.

4.       L’utilisation de standards : Comme on le voit avec le DSQ, chaque hôpital utilise des manières de fonctionner un peu différentes avec des formulaires différents et des logiciels qui ne sont pas toujours interopérables. De plus, d’un point de vue clinique, un patient est toujours unique. Un protocole peut fournir des grandes lignes sur comment soigner tel problème, mais différents paramètres propres au patient, au médecin, aux antécédents, aux équipements sur place rendent difficile la standardisation des opérations.

5.       Choisir le client : Dans la plupart des entreprises le commerçant choisi avec qui faire des affaires. En santé, quand un patient arrive à l’urgence, on le soigne, un point c’est tout.

6.       Les normes : Il n’y a pas beaucoup de domaines où il y a autant de normes à respecter tant au niveau clinique qu’administratif

7.       L’expertise du domaine : Le vocabulaire, la science et les habiletés physiques nécessaires pour pratiquer en médecine sont très complexes comparativement aux autres professions. Par exemple un chirurgien peut compter jusqu’à trente années d’études pour commencer à pratiquer.

8.      Il n’y a pas de deuxièmes chances : On ne peut pas rembourser un coeur ou un mort.

9.       La spécialisation : Un chirurgien esthétique ne peut remplacer un neurochirurgien. Si la demande dans un domaine baisse, on ne peut pas simplement réaffecter les ressources.

Il y a certainement d’autres exemples. Certains autres sont dans l’article anglophone, mais je ne suis pas certain qu’ils s’appliquent au Québec.

Une chose est certaine, la santé est un domaine extrêmement complexe qui nécessite une approche particulière. Il peut tout de même bénéficier des avantages apportés par des services comme l’intelligence d’affaires ou l’analyse prédictive. Il est clair que l’accessibilité universelle des données doit se faire (comme le DSQ tente de le faire), mais les barrières à l’entrée sont immenses sans compter que la culture d’entreprise n’est pas toujours très ouverte au changement.

Lors du prochain billet j’essaierai de trouver un exemple concret où un projet a su surmonter un ou plusieurs de ces défis pour arriver à un résultat concluant.

Imagine Nation Challenge – Suite et fin !

Lors du dernier billet je vous ai parlé que j’avais été sélectionné parmi les cinquante meilleures idées par les juges d’Inforoute Santé du Canada. Cela dans le cadre d’un concours pour trouver des idées pour améliorer le système de santé au Canada et utiliser les technologies pour avoir un impact bénéfique.

Le 28 juin dernier, j’ai eu l’honneur d’avoir un appel m’informant que j’avais été sélectionné parmi les quatre meilleures idées par les juges. Une cinquième idée gagnante était sélectionnée par le public. J’ai donc l’immense honneur de vous annoncer que mon idée pour améliorer le suivi des diabétiques et leur prise en change de leur santé a gagné !

Les gagnants sont annoncés sur le site http://imaginenationchallenge.ca/. J’ai aussi l’honneur d’avoir été sélectionné pour une entrevue avec Kathleen Lan d’IT World Canada. L’article est là : http://www.itworldcanada.com/news/theres-an-app-idea-for-diabetes-sufferers-expectant-mums/143538  Merci à tous ceux qui ont votés pour mon idée et surtout à tous ceux qui ont participé. Ensemble, avec toutes ces idées et ces cerveaux qui travaillent à trouver comment améliorer la santé de la population, nous pouvons nous attendre à avoir un impact significatif sur la santé de nos concitoyens.

Imagine Nation Challenge – Suite

Lors d’un billet précédent j’ai mentionné ma participation au Imagine Nation Challenge. Ce concours vise à stimuler l’innovation par les technologies en santé et j’avais soumis une idée pour améliorer le suivi des diabétiques à l’aide de IPads. L’idée à été retenue parmis les 50 meilleures par le jury !

La deuxième phase qui se termine aujourd’hui est le vote du public. Le 5 juillet nous saurons qui sont les trois gagnants du grand prix. C’est très intéressant de lire les projet des gens puis les commentaires.

Ce septembre aura lieu, jusqu’en mars 2013, le Outcome Challenge où quatre défis seront proposés à la population. Divers prix seront remis pour récompenser les équipes selon les critères établis. Ces solutions devront être mises en place dans un environnement de travail réel. C’est une excellente initiative pour stimuler l’innovation et faire germer les idées qui vont façonner le paysage TI de nos centres de soins dans les anneés à venir !

Vous pouvez voir ma soumission ( ici ) et les autres ( ici ).

Les TIS et le nuage

L’informatique dans les nuages a la côte. Depuis quelques années, l’intérêt des entreprises de toutes sortes pour la délégation de responsabilité et consolidation des côuts d’exploitation soufle fort en direction du Cloud Computing. Mais qu’en est-il en santé ?

L’idée n’est pas nouvelle. En fait, elle est très vieille, elle date de mainframes, soit avant l’ordinateur personnel. À l’époque, il était impensable d’avoir du traitement distribué sur un grand ensemble de machines donc on installait des bêtes pouvant, de manière centralisée, traiter l’information. Puis est venu le PC, puis est revenu la centralisation avec les Data warehouse, le cloud, le SOA et compagnie.

Le Cloud est intéressant en santé parce qu’il permet de fournir un service stable à la demande qui allège le département informatique. De plus le système est très extensible et permet d’ajouter de l’espace ou de la puissance dynamiquement, à la demainde. Puis, plus besoin de gérer le matériel, les licenses, les techniciens. Tout est dans une boîte noire. Justement…

Avec l’arrêt récent du nuage d’Amazon et de Google dernièrement, on peut très rapidement se retrouver dans le noir. Dans ce cas là, données sont quelque part et ce quelque part n’est plus atteignable. Le coût potentiel en santé d’un tel bris est très élevé. Élevé par le coût en confiance de la part des administrateurs et des patients qui signifie des pertes monétaires et beaucoup de travail pour regagner la confiance des gens. Il est donc primordial de bien choisir son fournisseur et surtout, de ne pas mettre des données critiques sur ce type de serveur.

La question d’accès légal aux informations est un point important à valider aussi selon les données que l’on traite et l’endroit où elles sont stockées. Différents pays ont différentes politiques à ce niveau et au Québec les entreprises doivent se conformer à plusieurs lois sur l’accès à l’information et sur la protection de la vie privée tant au provincial qu’au fédéral. Il peut être judicieux de consulter un avocat spécialisé dans le domaine pour s’assurer que notre projet répond à l’ensemble des normes et lois en vigeur.

Il faut donc bien réfléchir à son projet avant de se lancer dans l’informatique en nuage. Les données qui ont une haute valeur d’affaire ne devraient pas se retrouver sur un nuage. Elles doivent rester près de l’entreprise et on doit s’assurer que leur stockage et leur gestion se fait selon les règles de l’art et les lois appliquables. L’option reste tout de même très intéressante pour des start-ups ou des sites où le public cible peut bondir à n’importe quel moment. Le manque de ressource est donc très rapide à combler.

Comme toute décision d’affaire, il importe d’être informé sur le produit qu’on évalue et surtout sur les réel besoins du client. Le nuage est là pour resté en santé, reste à voir quelle forme il prendra.

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